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Modes de subsistance et souveraineté alimentaire

Modes de subsistance, souveraineté alimentaire et stratégies pour faire face à la croissance néolibérale

Nous cherchons à explorer des modèles de développement qui priorisent le “bien vivre” et la protection des “communautés de vie”. Les réponses locales aux approches néolibérales à la croissance sont diverses et conduisent parfois à des divisions. En effet, bien que l’extraction des ressources engendre des emplois et des occasions d’entrepreneuriat, il en coûte aux modes de vie, aux options de subsistance et à la souveraineté alimentaire. Ce thème de recherche examine des modèles de prospérité et de durabilité écologiquement économiques. En d’autres termes, des modèles qui dissocient la « prospérité » de la croissance et qui envisagent l’économie comme auxiliaire à la Terre. Nous cherchons à cerner quelles formes ces modèles pourraient prendre sur les territoires de nos partenaires autochtones et comment ils pourraient contribuer à répondre aux priorités des partenaires pour « bien vivre ».

Le concept de souveraineté alimentaire représente une idée et un mouvement qui sont nés en réaction au concept global de sécurité alimentaire promu par les institutions internationales comme la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International et les Nations-Unies. Il a émergé comme alternative à la forme de développement, et plus spécifiquement aux systèmes alimentaires, conçus par ces institutions. Le Via Campesina est la principale organisation qui a fait la promotion du  concept, avec l’appui d’un grand nombre d’ONGs. On a débattu de façon critique de ce concept au Food Sovereignty Colloquium qui s’est tenu à Yale en 2013. À cette occasion, la définition donnée est la suivante : « le droit des peuples de contrôler ou de déterminer démocratiquement la forme que doit prendre leur système alimentaire, et de produire suffisamment de nourriture saine utilisant des manières écologiquement durables et culturellement appropriées à l’intérieur et près de leur territoire. » L’accès à de la nourriture saine, sécuritaire et culturellement significative est présenté comme un droit humain. À travers le concept de souveraineté alimentaire, l’objectif est de mettre au défi le concept antérieur – i.e. sécurité alimentaire –, et de promouvoir des modèles politiques nouveaux qui sont supposés être durables, locaux et démocratiques.

Alors que la sécurité alimentaire comprend majoritairement des critères économiques, la souveraineté alimentaire respecte la diversité culturelle et l’environnement. La souveraineté alimentaire se préoccupe de problématiques telles que la production, la distribution des terres, le système d’échanges international et la conservation de la biodiversité. Puisque ces sujets sont très diversifiés, ils entrent souvent en contradiction, menant à des compromis évidents dans le processus de prise de décision. La souveraineté alimentaire intègre une compréhension morale de l’économie, et elle interroge le fondement éthique des décisions économiques et de notre système légal actuel.

Les bénéficiaires du mouvement de souveraineté alimentaire sont souvent des peuples marginalisés : paysans à petite échelle, fermiers sans terres, travailleurs ruraux, ainsi que chasseurs, pêcheurs, femmes, jeunes et peuples autochtones. Cela signifie que le mouvement considère à la fois une pléthore de visions et de raisonnements. La souveraineté alimentaire promeut une vision alternative du développement. Par exemple, le concept Andin de Suma Kawsay (Buen vivir ou Bien vivre en français) semble un des exemples les plus connus à l’intérieur du mouvement. Collectivisme et réciprocité sont des composantes intégrales des alternatives à la sécurité alimentaire, présumant que ces valeurs sociales devraient être priorisées et maintenues.

La partie activiste du débat de la souveraineté alimentaire implique de proposer des nouvelles politiques à l’échelle nationale et internationale qui pourront faciliter l’arrimage des principales alternatives au concept de sécurité alimentaire. Ce type d’agenda politique devrait donner des moyens d’agir aux communautés autochtones et offrir des moyens pratiques pour résoudre des problématiques complexes.

Responsables du thème: Jon Altman, Ingrid Hall, Nicholas Kosoy

Contributeurs du thème
Caroline Archambault
Elena Bennett
Peter Brown
Caroline Desbiens
Sabrina Doyon
Jackson Efitre
Evodia Silva
James Ford
John G. Galaty
Andrew Hendry
Gordon Hickey
Timothy Allan Johns
Carole Lévesque
Thibault Martin
Hugo Melgar-Quiñonez
Catherine Potvin
François Roch
Thierry Rodon
Colin H. Scott
Jon Unruh
George Wenzel

 

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Centre Pour la Conservation et le Développement Autochtones Alternatifs