English    Español  

Cartographie communautaire

Cartographie communautaire

Les projets de cartographie et de modĂ©lisation du paysage intĂšgrent les savoirs locaux sur les espaces culturellement et Ă©cologiquement significatifs afin d’entreprendre de la cartographie communautaire Ă  l’aide de logiciels de systĂšmes d’information gĂ©ographique (SIG). Ces projets sont entrepris en collaboration avec les partenaires autochtones. Les donnĂ©es et cartes qui en dĂ©coulent sont utilisĂ©es par les communautĂ©s autochtones pour mettre sur pied leurs projets de vie. Ce thĂšme de recherche vise Ă  examiner comment des perspectives et mĂ©thodes de modĂ©lisation du paysage transdisciplinaires peuvent s’arrimer aux perspectives que les communautĂ©s ont sur l’importance de diffĂ©rents lieux et ce, afin d’entreprendre une « gĂ©omatique collaborative Â». À travers cette dĂ©marche, nos partenaires pourront identifier les effets cumulatifs que les politiques et projets de dĂ©veloppement de l’environnement supportĂ©s par le gouvernement engendrent. Les cartes communautaires pourront Ă©galement contribuer Ă  la bonne progression de la conservation et Ă  la mise en place de programmes de dĂ©veloppement alternatifs.

Les représentations cartographiques

Source: Thom, Brian. 2009. "The Paradox of Boundaries in Coast Salish Territories." Cultural Geographies 16: 179-205.
Source: Thom, Brian. 2009. « The Paradox of Boundaries in Coast Salish Territories. » Cultural Geographies 16: 179-205.

Alors qu’historiquement, les cartes ont Ă©tĂ© utilisĂ©es par les Ă©tats-nations en premier lieu pour confirmer les droits territoriaux et renforcer leurs pouvoirs sur les communautĂ©s autochtones et autres, il existe maintenant une multitude d’exemples dans lesquels les groupes autochtones de diffĂ©rentes parties du monde ont investis la cartographie comme mode de rĂ©appropriation de leurs souverainetĂ©s territoriales, regagnant ainsi leurs dignitĂ©s par l’entremise de conflits avec les gouvernements et les institutions. Cet effort d’usage des reprĂ©sentations cartographiques et des diverses mĂ©thodologies y Ă©tant associĂ©es pour dĂ©fendre et se rĂ©approprier les territoires est devenu une partie un mouvement de contestation cartographique.

Le dĂ©fi dans ce qui suit est de situer adĂ©quatement les problĂ©matiques pratiques d’implĂ©mentation sociale et politique des initiatives significatives qui reconnaissent et rĂ©pondent Ă  la critique soumettant que ces pratiques de reprĂ©sentations rĂ©duisent et essentialisent de maniĂšre Ă©lĂ©gante les relations ontologiques autochtones.

Les projets autochtones contemporains de cartographie des membres chercheurs de ce thĂšme de recherche impliquent le dĂ©veloppement d’approches et d’outils pour visualiser et communiquer efficacement les connaissances et les expĂ©riences autochtones du territoire pour le transfert intergĂ©nĂ©rationnel du savoir, l’éducation publique, les affirmations autochtones lĂ©gales, et les consultations sur la gestion des ressources territoriales.

Les membres de CICADA ont dĂ©veloppĂ©s des outils dans une variĂ©tĂ© de rĂ©gions gĂ©ographiques et de disciplines, et les interactions transdisciplinaires entre universitaires et partenaires autochtones mĂšneront Ă  la poursuite de nouvelles avenues. IntĂ©grer des nouvelles techniques de cartographie et de gĂ©olocalisation dans les projets de cartographie autochtones et le dĂ©veloppement et l’usage des analyses dĂ©rivĂ©es sont d’autres opportunitĂ©s que nous souhaitons explorer.

Le dilemme de la cartographie

Bien que ces techniques et pratiques prĂ©sentent un Ă©ventail d’opportunitĂ©s pour les communautĂ©s autochtones, les membres de ce thĂšme de recherche sont conscients des transformations des perspectives autochtones Ă  la relation Ă  l’espace que ces cartes visuelles hautes technologies nĂ©cessitent. Le savoir traditionnel pouvant devenir dĂ©shumanisĂ© Ă  travers le processus de codage numĂ©rique. Ce faisant, la cartographie numĂ©rique risque de renforcer la subordination des espaces et visions du monde autochtones aux technologies et perspectives occidentales au travers de ces transformations.

D’un autre cĂŽtĂ©, il existe plusieurs exemples qui dĂ©montrent que les groupes autochtones s’accaparent les avantages des technologies de gĂ©olocalisation pour poser leurs rĂ©clamations politiques. Dans ce qui peut ĂȘtre vu comme une Ă©volution face aux pratiques cartographiques participatives prĂ©cĂ©dentes, plusieurs de ces projets explorent les possibilitĂ©s de combiner le savoir spatial autochtone et scientifique pour dĂ©velopper des formes hybrides de reprĂ©sentations spatiales qui reconnaissent et respectent la singularitĂ© et l’importance des expressions spatiales autochtones.

Cartographier peut Ă  la fois ĂȘtre une maniĂšre de prise de pouvoir et un outil de contrĂŽle selon le cĂŽtĂ© de la carte oĂč vous ĂȘtes; dĂ©pendant si vous ĂȘtes celui qui cartographie ou celui qui est cartographiĂ©.

Ces formes d’expressions hybrides de cartographie ne renversent pas les relations sociales de colonisation mais plutĂŽt les retravaillent et aident Ă  dĂ©velopper un nouvel espace de comprĂ©hension mutuelle, dans la mesure oĂč l’équilibre entre la science occidentale et le savoir autochtone est respectĂ©. La transformation du savoir autochtone et des expressions du rapport au territoire Ă  l’intĂ©rieur de la cartographie matĂ©rielle demeure une problĂ©matique complexe. Un des dĂ©fis auquel les communautĂ©s seront confrontĂ©es sera de s’assurer que les applications cartographiques serviront vĂ©ritablement leurs besoins et qu’elles pourront s’adapter Ă  l’aspect singulier de la connaissance du territoire plutĂŽt que de forcer celle-ci Ă  adapter aux outils disponibles. Nous devons travailler en Ă©troite collaboration avec les communautĂ©s pour dĂ©velopper des mĂ©thodes pratiques, accessibles et thĂ©oriquement informĂ©es pour conduire des analyses cartographiques reprĂ©sentant les perspectives autochtones sur la tenure fonciĂšre, le territoire, l’utilisation et l’occupation, et les sites et paysages signifiants.

Questions de recherche

Les questions auxquelles s’intĂ©ressent les chercheurs et chercheuses de ce thĂšme sont les suivantes :

  • Comment les communautĂ©s et les partenaires du CICADA peuvent-ils travailler ensemble pour s’assurer que les activitĂ©s et les outils de cartographie participative, collaborative et de contre-cartographie sont conçus pour rĂ©pondre aux besoins actuels et futurs des communautĂ©s?
  • Que pouvons-nous apprendre des expĂ©riences cartographiques prĂ©cĂ©dentes des partenaires et des communautĂ©s du CICADA?
  • Existe-t-il un cadre commun pour reprĂ©senter cartographiquement les projets de vie des Peuples autochtones Ă  l’Ă©chelle continentale ou mondiale qui ne risque pas de rĂ©duire ces visions Ă  des catĂ©gories finies qui sapent les territoires, la gouvernance et les droits des Peuples autochtones au lieu de les cĂ©lĂ©brer?

Responsables du thĂšme: SĂ©bastien Caquard, Nicole Fenton, Brian Thom

Contributeurs du thĂšme

David George Anderson
Benoit Éthier
Murray Humphries
Jochen Jaeger
Catherine Potvin
Colin H. Scott
Daviken Studnicki-Gizbert

 

Projet associé

Atlas communautaire du District d’UrracĂĄ, Panama

Centre Pour la Conservation et le DĂ©veloppement Autochtones Alternatifs