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Atikamekw

Sylvie Poirier, partenaire académique du CICADA, travaille avec les Atikamekw, explorant les notions de territorialité et de savoir. Elle tente de comprendre comment ces concepts affectent le processus de réclamations territoriales dans lequel les Atikamekw sont présentement engagés avec le gouvernement fédéral pour avoir des droits sur leur propre territoire, qui se nomme Nitaskinan/Kitaskino en Atikamekw.

« ‘Territorialités et savoirs’ nous servent ici de fils conducteurs; ils sont abordés en termes de continuité et de transformations, ainsi que d’adaptations constantes face aux conditions changeantes de la vie et de l’environnement et face aux contraintes grandissantes au sein du Nitaskinan/Kitaskino. »
-Présentation: les Atikamekw Nehirowisiwok : territorialités et savoirs

LIRE : Présentation: les Atikamekw Nehirowisiwok : territorialités et savoirs (2014) – Sylvie Poirier, L. Jérôme and la Société d’histoire Atikamekw (Nehirowisiw Kitci Atisokan)

Sylvie Poirier a étudié, en particulier, le projet Atikamekw Kinokewin dont l’objectif est de faciliter la transmission intergénérationnelle du savoir Atikamekw.

Sylvie Poirier, Université Laval
Sylvie Poirier, Université Laval

« L’intention de travail des membres autochtones et non autochtones de l’équipe de recherche était d’explorer des avenues et des moyens de valorisation et de transmission des savoirs locaux qui soient adaptés au contexte actuel et sensibles aux attentes et aux aspirations des jeunes générations. » -Atikamekw Kinokewin, “la mémoire vivante”: bilan d’une recherche participative en milieu autochtone

LIRE: Atikamekw Kinokewin, “la mémoire vivante”: bilan d’une recherche participative en milieu autochtone (2014) – Sylvie Poirier

Sylvie Poirier. "The Atikamekw: Reflections on their changing world" in Native Peoples: The Canadian Experience.
Sylvie Poirier. « The Atikamekw: Reflections on their Changing World » dans Native Peoples: The Canadian Experience.
« Les terres de réserve des communautés Atikamekw de Wemotaci, Manawan et Opitciwan couvrent 7 410 acres, 1 970 acres et 2 887 acres, respectivement. Le contraste entre ces espaces restreints et les territoires que ces communauté occupaient jusqu’à récemment en tant que chasseurs semi-nomades est frappant. Cette réduction spatiale a requis une refonte des relations interpersonnelles et intergroupes, ainsi qu’une transformation des relations entre les sexes et les générations. D’un point de vue politique, à chaque trois ans, chacune des communautés doit élire un conseil de bande, c’est-à-dire un chef et des conseillers, tel que stipulé dans la Loi sur les Indiens. Jusqu’à récemment, seulement les hommes pouvaient faire partie du conseil. Encore une fois, cette façon de faire contraste avec le fait que les relations entre les sexes étaient traditionnellement égalitaires. Cela entre aussi en contradiction avec le fait que kokum, la grand-mère, est une figure encore traitée avec grand respect, et qui demeure synonyme de sagesse et même d’autorité. Par contre, au cours des dix dernières années, les femmes ont augmenté leur présence au sein des instances et agendas politiques locales et « nationales », mettant de l’avant leurs préoccupations concernant la communauté et la guérison sociale, rétablissant un équilibre plus égalitaire dans le processus de prise de décision. Suite à la mise en place de politiques fédérales d’auto-détermination pour les Premières Nations, les communautés Atikamekw ont gagné de plus en plus d’autonomie dans la gestion de leurs propres affaires, particulièrement en ce qui a trait à la santé et aux services sociaux, à la justice et à l’éducation. La reconnaissance de leurs droits et titres sur leurs territoires ancestraux demeure ainsi leur lutte la plus importante .»

– Traduit de The Atikamekw: Reflections on their changing world. Dans Native Peoples: The Canadian Experience.

Sylvie Poirier. « The Atikamekw: Reflections on their Changing World » dans Native Peoples: The Canadian Experience.

« La citation suivante de César Néwashish, un Ancien des plus respectés décédé en 1994 à l’âge de 91 ans, est emblématique des revendications territoriales Atikamekw:

Witamowikok aka wiskat e ki otci pakitina-mokw kitaskino, nama wiskat ki otci atawanano, nama wiskat ki otci mecko-tonenano, name kaie wiskat ki otci pitoc irakonenano kitaskino. (Tell them we have never given up our territory, tell them we have never sold or traded it, tell them that we have never reached any other sort of agreement concerning our territory.) »

– Traduit de The Atikamekw: Reflections on their changing world. Dans Native Peoples: The Canadian Experience.

Sylvie Poirier. « Change, Resistance, Accommodation and Engagement in Indigenous Contexts ».

 

La recherche de Sylvie Poirier porte aussi sur les réalités de la nation Atikamekw et du peuple aborigène Kukatja vivant dans le désert occidental en Australie. Ses observations cherchent à identifier les façons par lesquelles les réalités et histoires de politique identitaire et de résistance culturelle de ces deux communautés se recoupent et contrastent:

« Dans le contexte néocolonial actuel, les Atikamekw sont déchirés entre deux formes de subjectivité (soit le moi relationnel et le moi individuel) et entre deux formes de socialité (la société basée sur les relations filiales et la société civile). Ces différentes formes de réalités et de socialités demandent différents types de responsabilités, d’obligations et de capacités d’agir. Leur incompatibilité ontologique devient ainsi une source de stress et d’insécurité. Depuis la fin des années 1980, et dans un effort d’adresser des pathologies sociales, les trois communautés Atikamekw sont engagées dans un mouvement de « guérison sociale » qui s’est répandu parmi les communautés autochtones au Canada. À travers ce mouvement de guérison, les Atikamekw ont aussi été impliqués dans la revitalisation et la réinterprétation de leurs pratiques rituelles, de leurs savoir et de leurs sensibilités (par exemple : la hutte de sudation, les tambours et la cérémonie du premier pas). Ils ont aussi revitalisé leurs réseaux de rencontres rituelles et d’échange avec des nations autochtones voisines, créant ainsi des réseaux de solidarité et de renforcement du pouvoir. »

– Traduit de Change, Resistance, Accommodation and Engagement in Indigenous Contexts.

Projets associés

Territorialités autochtones postcoloniales, transmission culturelle et autonomie: la Nation Atikamekw et l’univers forestier

Centre Pour la Conservation et le Développement Autochtones Alternatifs